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DES
DEBUTS LABORIEUX
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La
ville se construisit, son fonctionnement se mit en place.
Et comme annoncé, les habitants de Trie durent se ruiner pour
construire leur Bastide : monuments publics, églises, fortifications.
Les terres, auparavant sans valeur, commençaient à être défrichées
: bientôt elles pourraient être productrices. La Bastide,
encore à l'état embryonnaire, se développait petit à petit
dans la précarité… lorsque arrivèrent les Anglais.
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En
1356, le roi de France, Jean Le Bon, est battu par le Prince
de Galles à Poitiers et la défaite est retentissante. Le Prince
de Galles, surnommé le Prince Noir à cause de la couleur de
son vêtement, entreprend une chevauchée ravageant le Limousin,
l'Auvergne, le Berry. Mais il n'en est pas à son coup d'essai
car en 1355 il a déjà conduit une foudroyante expédition:
un aller-retour de Bordeaux jusqu'à Narbonne dont les Français
du midi ont conservé des souvenirs horrifiés de pillages,
de meurtres et de récoltes ruinées tandis que lui-même en
retirait un immense butin et un prestige considérable.
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Cette
triste période devait se terminer par le désastreux traité
de Brétigny de 1360 par lequel la Bigorre et vraisemblablement
les enclaves passaient aux mains des Anglais. Mais dans les
années qui ont précédé cette bataille de Poitiers, des bandes
anglaises ont atteint Trie après avoir envahi la Gascogne
et pillé les villes d'Aignan et de Plaisance. Notons au passage
que le château et l'église de Lubret sont brûlés, la Bastide
de Saint-Luc est détruite, elle ne se relèvera pas. Malgré
des fortifications encore très modestes (quelques tours avancées,
un grand fossé et une palissade), Trie arrête le Prince Noir
quelques jours et se défend. Une armée d'Armagnac de 300 hommes
accourt, mais il est trop tard.
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Trie
est prise : pillages, saccages et incendies se succèdent.
C'est alors qu'un personnage va lâchement profiter de cette
faiblesse. Jean de Nay, prieur de Momères, qui était un partisan
des Anglais fit enfermer des triais à la prison de Momères.
Plus tard l'aveu tombe : il reconnaît les désastres de la
ville auxquels il a collaboré et même participé. Il ne mâche
pas ses mots : il évoque une Bastide rendue "inhabitable"
avec "beaucoup de tués" ou des habitants "entraînés par la
force des armes", "chargés de liens" ou "pendus". Le siège
des Anglais n'est malheureusement pas le seul fait saillant
de cette seconde moitié de XIVème siècle. Elle sera
frappée par la terrible peste noire et les disettes à répétition.
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